01 · Synthèse
En bref, l’obligation en 80 mots
La fonctionnalité de rétractation est obligatoire depuis le 19 juin 2026 pour les professionnels qui concluent, via une interface en ligne, des contrats à distance avec des consommateurs soumis au droit de rétractation. Elle doit permettre au consommateur d'exercer ce droit sans frais, être facile à trouver pendant la période de rétractation, être libellée sans ambiguïté et fournir un accusé de réception sur support durable. Un manquement peut entraîner une procédure nationale. Par ailleurs, une information insuffisante sur le droit de rétractation peut prolonger le délai selon l'article 10 de la directive 2011/83/UE.
02 · Texte officiel
Le texte de l’obligation (directive (UE) 2023/2673)
La directive (UE) 2023/2673 du 22 novembre 2023 fixe l’obligation pour le professionnel concluant un contrat à distance via une interface en ligne de fournir une fonctionnalité gratuite et facilement accessible permettant au consommateur d’exercer son droit de rétractation. Transposée à l’identique dans les 27 États membres, elle est applicable depuis le 19 juin 2026 et se lit, dans sa forme synthétique :
« Lorsque le contrat est conclu à distance par voie électronique via une interface en ligne, le professionnel met à la disposition du consommateur une fonctionnalité gratuite, aisément accessible, identifiée de manière lisible et non ambiguë, permettant à ce dernier d’exercer son droit de rétractation. Les caractéristiques et modalités de cette fonctionnalité sont précisées par les mesures nationales de transposition. »Directive (UE) 2023/2673, obligation applicable depuis le 19 juin 2026.
Les caractéristiques techniques sont précisées par le droit national applicable : libellé non ambigu, facilité d'accès pendant la période de rétractation, déclaration structurée et accusé de réception sur support durable.
Pour lire le droit de rétractation article par article, expliqué en clair, consultez notre guide détaillé sur le droit de rétractation.
03 · Définition
Qu’est-ce que le bouton de rétractation ?
La fonctionnalité de rétractation est une fonctionnalité numérique interactive et autonome, facile à trouver pendant la période de rétractation, qui permet à un consommateur de soumettre une demande sans passer par un email, un courrier ou un formulaire papier. Elle est définie par la directive (UE) 2023/2673 et précisé par les mesures nationales de transposition dans les 27 États membres.
Pour être conforme, le bouton doit satisfaire les critères cumulatifs suivants (détaillés plus bas) :
- Facile à trouver et accessible pendant la période de rétractation, pas seulement pendant le tunnel d'achat ou dans l'espace client.
- Gratuit pour le consommateur : pas de SMS surtaxé, pas d'inscription préalable, pas de captcha dissuasif.
- Identifiable par un libellé non ambigu : « Renoncer au contrat » est la formulation recommandée. Des libellés vagues comme « Annuler » ou « Contact » ne satisfont pas l'exigence.
- Générateur d'un accusé de réception envoyé automatiquement au consommateur, sur support durable, attestant la prise en compte de la demande.
04 · Périmètre
Qui est concerné par l’obligation ?
Tout professionnel qui conclut, via une interface en ligne, des contrats à distance avec des consommateurs soumis au droit de rétractation est concerné, sans seuil de chiffre d'affaires ni exemption liée à la taille de la structure. Les exceptions au droit de rétractation s'apprécient selon le contrat et le produit ou service concernés.
Cela couvre :
- E-commerce au sens classique : Shopify, WooCommerce, PrestaShop, WiziShop, Wix, Webflow, Squarespace, sites sur mesure.
- SaaS B2C : applications web ou mobiles vendues à des particuliers, abonnements mensuels ou annuels.
- Formations en ligne et coachings : cours vidéo, programmes pédagogiques, plateformes d'apprentissage.
- Services réservables en ligne : prestations à distance, conseils, audits.
- Marketplaces : la plateforme et chaque vendeur professionnel ont chacun leurs obligations propres (cf. cas particuliers).
Treize cas d'exception sont listés à l' article 16 de la directive 2011/83/UE : produits sur mesure, denrées périssables, contenus numériques téléchargés avec accord exprès, services pleinement exécutés, etc. La qualification précise est délicate et mérite l'avis d'un juriste. Pour chaque cas avec exemples concrets, consultez la liste détaillée des 13 exceptions.
Pour confirmer votre situation :
Faire le diagnostic05 · Calendrier
Quand l’obligation entre-t-elle en vigueur ?
L'obligation est en vigueur depuis le 19 juin 2026. C'est la date d'application de la directive (UE) 2023/2673 du 22 novembre 2023 dans les 27 États membres, chacun l'ayant transposée dans ses propres textes nationaux.
La directive exige que tous les pays membres garantissent sur les interfaces en ligne « une fonction de rétractation facile à trouver ». L'objectif européen est de mettre fin aux pratiques qui, sans interdire formellement la rétractation, la rendent pénible au point que le consommateur y renonce.
Concrètement, depuis le 19 juin 2026, la fonctionnalité doit être disponible pour les contrats concernés. Un manquement peut entraîner une procédure nationale (cf. section sanctions). Par ailleurs, une information insuffisante sur le droit de rétractation peut prolonger le délai selon l'article 10 de la directive 2011/83/UE.
Pour le détail du contexte législatif et les implications pour les e-commerçants, voir l'article « 19 juin 2026 : ce qui change pour les e-commerçants ».
06 · Conformité
Quelles sont les exigences techniques ?
La fonctionnalité doit être gratuite, facile à trouver pendant la période de rétractation, libellée sans ambiguïté et utilisable sans obstacle inutile par le consommateur concerné. Elle doit recueillir les informations nécessaires à l'identification du contrat et fournir un accusé de réception sur support durable. La mise en œuvre détaillée dépend aussi du droit applicable au consommateur.
Visibilité et accès
La fonctionnalité doit être facile à trouver et accessible pendant la période de rétractation. Un accès réservé à l'espace client connecté ou au seul historique de commande crée un obstacle inutile. Rendez le point d'accès clairement visible lorsque le client gère sa commande.
Gratuité totale
Aucun frais de quelque nature que ce soit ne peut être imposé au consommateur pour exercer son droit. Cela exclut les SMS surtaxés, les frais de réinscription, les abonnements, les captchas excessifs ou les processus dissuasifs (vidéos obligatoires, questionnaires longs).
Libellé non ambigu
Le libellé doit identifier sans équivoque sa fonction : il doit indiquer clairement que le consommateur renonce au contrat. Des libellés vagues comme « Annuler », « Contact », « Service client » ou « Aide » ne remplissent pas cet objectif.
Procédure en deux clics
Le parcours doit être clair et volontaire : (1) le consommateur ouvre la fonctionnalité et renseigne les informations nécessaires à l'identification du contrat et à la réception de l'accusé ; (2) il confirme sa rétractation par une action non ambiguë. Cette confirmation documente sa demande.
Accès sans création de compte
Les clients invités, qui ont commandé sans créer de compte sur le site, doivent pouvoir utiliser le bouton de rétractation. Une exigence de connexion préalable casse la conformité : un dispositif accessible uniquement aux clients connectés est irrecevable.
Accusé de réception que le client garde
Dès la confirmation par le consommateur, un accusé de réception doit être fourni sur support durable, par exemple par e-mail. Il documente la date, l'heure, la référence et le contenu de la demande. Sa forme précise dépend du droit applicable.
Pour les erreurs les plus courantes d'implémentation et comment les éviter, voir « Les 5 erreurs qui vont vous faire rater la deadline ».
07 · Risques
Quelles sont les sanctions ?
Deux risques distincts existent. D'abord, la mise en œuvre et les sanctions relèvent de l'État membre dont le droit s'applique au contrat du consommateur. Pour les infractions transfrontalières de grande ampleur, le droit de l'UE prévoit aussi un cadre commun de coopération et de sanctions. Ensuite, lorsqu'une information requise sur le droit de rétractation manque ou est insuffisante, l'article 10 de la directive 2011/83/UE peut prolonger le délai jusqu'à 12 mois supplémentaires. La conséquence exacte dépend du manquement constaté et du droit applicable.
Obligation d'information
Délai potentiellement prolongé
Selon l' article 10 de la directive 2011/83/UE une information insuffisante sur le droit de rétractation peut prolonger le délai jusqu'à 12 mois supplémentaires. L'application de ce mécanisme dépend du défaut d'information constaté : ce n'est pas la conséquence automatique de chaque problème technique de la fonctionnalité.
Sur procédure
Amende du régulateur national
Chaque État membre fixe son régime, son autorité compétente, sa procédure et son niveau de sanction. Pour les infractions transfrontalières de grande ampleur, le droit de l'UE prévoit un cadre commun. L'aperçu des 27 pays figure plus bas.
L'autorité compétente et la procédure dépendent de l'État membre dont le droit s'applique. Elles peuvent comprendre une demande de mise en conformité, une enquête ou des recours administratifs et judiciaires. Consultez l'aperçu des 27 pays pour le cadre national concerné.
Comment évaluer le risque : identifiez l'État membre dont le droit s'applique, vérifiez la voie de contrôle concernée et corrigez sans délai la fonctionnalité comme les informations destinées au consommateur. Les montants et procédures diffèrent selon les pays. Une information insuffisante sur le droit de rétractation peut aussi prolonger le délai selon l'article 10 de la directive 2011/83/UE. Consultez la page dédiée aux sanctions et l'aperçu des 27 pays plus bas.
Loi, autorité et sanction par État membre
Vous vendez dans plusieurs pays de l'UE ? Le droit applicable est celui du pays du consommateur (Rome I, art. 6). Voici, marché par marché, la loi de transposition, l'autorité compétente et le plafond de sanction encourue.
| Pays | Loi nationale | Régulateur | Sanction encourue |
|---|---|---|---|
FranceEn vigueur | article L.221-21 du Code de la consommationordonnance n°2026-2 du 5 janvier 2026 et décret n°2026-3 | DGCCRFDirection générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes | 75 000 € (personne morale) / 15 000 € (personne physique) |
AllemagneEn vigueur | § 356a BGBWiderrufsbutton-Gesetz, BGBl. 2026 I Nr. 28, § 356a BGB en vigueur 19.06.2026 | BfJBundesamt für Justiz (application ordinaire civile via associations de consommateurs) | amende admin. seulement si infraction transfrontalière de grande ampleur : ≤ 50 000 € de base, jusqu’à 4 % du CA (repli 2 000 000 €) ; sinon pas d’amende (voie civile) |
AutricheDifférée | § 11 FAGG (Fern- und Auswärtsgeschäfte-Gesetz)FAGG BGBl. I 33/2014 ; VerbRÄG 2026 (§ 13a), application différée 01.10.2026 | BezirksverwaltungsbehördeBezirksverwaltungsbehörde (autorité administrative de district) ; VKI pour l’action civile | jusqu’à 1 450 € (Verwaltungsstrafe) ; 4 % du CA / 2 000 000 € pour grande ampleur |
BelgiqueTransposition en cours | article VI.47 du Code de droit économiqueloi 21.12.2013 (Livre VI CDE) ; loi 08.05.2022 | Inspection économiqueSPF Économie, Direction générale de l’Inspection économique | 80 000 € (niveau 2 : 10 000 € × décimes ×8) ; grande ampleur jusqu’à 4 % du CA / 2 000 000 € |
BulgarieTransposition en cours | чл. 50 от Закона за защита на потребителитеЗЗП (2005) ; bouton non transposé (projet 06.2026) | КЗПКомисия за защита на потребителите (Commission for Consumer Protection) | jusqu’à 5 000 лв (personne morale) / 3 000 лв (personne physique) par cas ; 4 % du CA pour grande ampleur |
ChypreTransposition en cours | άρθρο 14, περί Προστασίας του Καταναλωτή Νόμος (2026)Ν.133(I)/2013 ; bouton Law 30(I)/2026 (19.06.2026) | Consumer Protection ServiceΥπηρεσία Προστασίας Καταναλωτή (Ministry of Energy, Commerce and Industry) | jusqu’à 5 % du CA, plafonné à 200 000 € |
CroatieEn vigueur | Zakon o zaštiti potrošača (NN 59/26)Zakon o zaštiti potrošača (NN 19/2022) ; ZID ZZP NN 59/2026 (bouton 19.06.2026) | DIRHDržavni inspektorat Republike Hrvatske | jusqu’à 50 000 € par infraction (personne morale) / 1 500–2 500 € (personne responsable) ; grande ampleur jusqu’à 4 % du CA |
DanemarkEn vigueur | forbrugeraftaleloven (lov nr. 723/2025)Lov nr. 723 af 20. juni 2025 om ændring af forbrugeraftaleloven (bouton 19.06.2026) | ForbrugerombudsmandenForbrugerombudsmanden (Consumer Ombudsman) ; secrétariat Konkurrence- og Forbrugerstyrelsen | amende pénale (bøde) fixée par le tribunal, pas de plafond légal (jurisprudence ~20 000–35 000 DKK) |
EspagneTransposition en cours | art. 102 del RDL 1/2007 (TRLGDCU)Ley 3/2014 (bouton 2023/2673 non transposé à ce jour) | DG ConsumoDirección General de Consumo (sanction souvent régionale, Comunidades Autónomas) | jusqu’à 1 000 000 € (muy grave), dépassable de 6 à 8× le bénéfice illicite ; infractions généralisées : jusqu’à 4 % du CA (repli 2 000 000 €) |
EstonieDifférée | võlaõigusseadus (2026)Võlaõigusseadus + Tarbijakaitseseadus ; bouton en vigueur 01.09.2026 (différé) | TTJATarbijakaitse ja Tehnilise Järelevalve Amet | ≤400 000 € (personne morale) / ≤1 200 € (personne physique) ; 4 % du CA pour grande ampleur |
FinlandeEn vigueur | kuluttajansuojalaki, 6 lukuKuluttajansuojalaki 38/1978 ; laki 31/2026 (21.01.2026) transposant le bouton, applicable 19.06.2026 | KKVKilpailu- ja kuluttajavirasto / Kuluttaja-asiamies | 4 % du CA (personne morale, sans plafond) ; 4 % du revenu plafonné à 40 000 € (personne physique) |
GrèceTransposition en cours | άρθρο 3ε του ν. 2251/1994KYA Z1-891/2013 ; L.4933/2022, transposition 2011/83 ; bouton 2023/2673 non notifié à la Commission à ce jour | ΔΙΜΕΑΓενική Γραμματεία Εμπορίου και Προστασίας Καταναλωτή / ΔΙΜΕΑ | 5 000 à 1 500 000 € (récidive 3 000 000 €) |
HongrieEn vigueur | 45/2014. (II. 26.) Korm. rendelet45/2014. (II. 26.) Korm. rendelet ; 415/2025. (XII. 23.) Korm. rendelet (bouton, applicable 19.06.2026) | Fogyasztóvédelmi hatóságFogyasztóvédelmi hatóság (vármegyei/fővárosi kormányhivatalok) | PME jusqu’à 2 000 000 HUF ; grande entreprise jusqu’à 5 % du CA net (plafond 650 000 000 HUF ; récidive e-commerce jusqu’à 3 Md HUF) |
IrlandeTransposition en cours | reg. 14, S.I. No. 484/2013 (Consumer Rights Regulations 2013)bouton horizontal non transposé à ce jour : S.I. 309/2026 ne couvre que les services financiers (droit de rétractation existant : S.I. 484/2013) | CCPCCompetition and Consumer Protection Commission | jusqu’à 60 000 € ; 4 % du CA / 2 000 000 € pour grande ampleur |
ItalieEn vigueur | art. 54-bis du Codice del Consumo (D.Lgs 208/2025)D.Lgs 21/2014 ; D.Lgs 209/2025 (bouton, applicable 19.06.2026) | AGCMAutorità Garante della Concorrenza e del Mercato | 5 000 à 10 000 000 € (plafond fixe AGCM, pas de % du CA) |
LettonieTransposition en cours | Patērētāju tiesību aizsardzības likuma 12. pantsPTAZ likums + MK noteikumi Nr. 255 (2014) ; Omnibus 2023 | PTACPatērētāju tiesību aizsardzības centrs | jusqu’à 4 % du CA, plafonné à 300 000 € (infraction nationale) ; 2 000 000 € à défaut de CA |
LituanieEn vigueur | Civilinio kodekso 6.228-10 straipsnisVartotojų teisių apsaugos įstatymas (Nr. I-657) ; bouton 19.06.2026 | VVTATValstybinė vartotojų teisių apsaugos tarnyba | jusqu’à 3 % des revenus annuels (jusqu’à 5 % / 120 000–200 000 € selon gravité) ; grande ampleur 4 % du CA ou 2 000 000 € |
LuxembourgTransposition en cours | article L.222-9 du Code de la consommationloi du 02.04.2014 (Code de la consommation) | Protection des consommateursDirection de la protection des consommateurs (pas de régulateur administratif dédié ; voie judiciaire) | 251–120 000 € (amende pénale, art. L.122-8) ; infractions généralisées : jusqu’à 4 % du CA / 2 000 000 € |
MalteEn vigueur | Consumer Rights (Amendment) Regulations 2026 (LN 145/2026)LN 439/2013 ; bouton LN 145/2026 (19.06.2026) | MCCAAMalta Competition and Consumer Affairs Authority, Office for Consumer Affairs | 500 à 47 000 € (multa) |
Pays-BasTransposition en cours | art. 6:230o BWImplementatiewet richtlijn consumentenrechten (Stb. 2014, 140), transposition 2011/83 ; bouton 2023/2673 non notifié à la Commission à ce jour | ACMAutoriteit Consument & Markt | 900 000 € ou 1 % du CA (le plus élevé) ; 10 % du CA pour pratiques commerciales déloyales |
PologneTransposition en cours | art. 27 ustawy o prawach konsumentaUstawa o prawach konsumenta (Dz.U. 2014 poz. 827) ; nowelizacja UC82 (bouton 19.06.2026) | UOKiKUrząd Ochrony Konkurencji i Konsumentów | jusqu’à 10 % du CA (personne morale) ; dirigeant jusqu’à 2 000 000 zł |
PortugalTransposition en cours | artigo 10.º do Decreto-Lei n.º 24/2014Decreto-Lei 24/2014, art. 31 mod. Lei 47/2014 | ASAEAutoridade de Segurança Alimentar e Económica (+ Direção-Geral do Consumidor) | jusqu’à 44 891,81 € (personne morale) / 3 740,98 € (personne physique) |
RoumanieEn vigueur | art. 11¹ din OUG 34/2014OUG 34/2014 modifiée par OUG 18/2026 (Monitorul Oficial nr. 236, 26 mars 2026) | ANPCAutoritatea Națională pentru Protecția Consumatorilor | jusqu’à 50 000 lei ; 0,1–4 % du CA pour grande ampleur |
SlovaquieEn vigueur | § 20a zákona č. 108/2024 Z. z. o ochrane spotrebiteľaZákon č. 108/2024 Z. z. (§ 20a) ; bouton transposé par zákon č. 311/2025 Z. z. (19.06.2026) | SOISlovenská obchodná inšpekcia | jusqu’à 2 % du CA, plafonné à 200 000 € (récidive sous 12 mois : plafond doublé à 400 000 €) |
SlovénieTransposition en cours | 134. člen Zakona o varstvu potrošnikov (ZVPot-1)Zakon o varstvu potrošnikov (ZVPot-1, Ur. l. RS 130/2022) ; ZVPot-1A (bouton 19.06.2026) | TIRSTržni inšpektorat Republike Slovenije | vente à distance (art. 240 ZVPot-1) : jusqu’à 5 000 € (entreprise) / 1 500 € (personne responsable) ; manquements graves (art. 239) jusqu’à 50 000 € ; grande ampleur jusqu’à 4 % du CA |
SuèdeEn vigueur | lag (2005:59) om distansavtal, SFS 2026:246Distansavtalslagen (2005:59) ; Prop. 2025/26:84 (bouton 19.06.2026) | Konsumentverket / KOKonsumentverket (Swedish Consumer Agency) / Konsumentombudsmannen | 4 % du CA annuel (min. 10 000 SEK), pas de plafond fixe |
TchéquieTransposition en cours | § 1820 zákona č. 89/2012 Sb., občanský zákoníkobčanský zákoník 89/2012 Sb. + zákon 634/1992 Sb. (§24) ; bouton : « tlačítková novela » + nařízení 66/2026 (modèle de formulaire) | ČOIČeská obchodní inspekce | jusqu’à 5 000 000 CZK par manquement (vente à distance, information, bouton) ; grande ampleur jusqu’à 4 % du CA / 50 000 000 CZK |
Comparatif établi à partir des textes officiels de transposition dans les 27 États membres (à jour au 28 juillet 2026). BackToMe applique automatiquement, pour chaque client, la loi et le libellé de son pays de résidence.
08 · Situations limites
Cas particuliers et situations limites
Cinq situations méritent une attention spécifique parce qu'elles échappent à la lecture immédiate du texte.
Demandes arrivées par un autre canal que le bouton
La loi impose la fonctionnalité en ligne (le bouton), mais n'écarte pas les autres canaux. Si un client se rétracte par courrier, par email à votre SAV, au téléphone ou en magasin, vous devez quand même en garder une trace et lui envoyer un accusé de réception qu'il conserve. En pratique, tout doit finir dans le même registre. BackToMe prévoit pour cela une saisie manuelle dans le tableau de bord (identité du client, référence, canal, date réelle de réception jusqu'à 30 jours en arrière) : chaque demande est datée et enregistrée, impossible à modifier après coup, dans le même registre que celles reçues via le bouton.
Ventes B2B exclusives
Si vous ne vendez qu'à des professionnels (B2B pur), l'obligation ne vous concerne pas. Le droit de rétractation est une protection consommateur. Attention toutefois : si vous acceptez une seule commande d'un particulier (par exemple via votre site sans filtre B2B), l'obligation s'applique pour cette vente, donc en pratique, pour l'ensemble du site.
Marketplaces (vendeurs tiers)
Sur une marketplace, deux acteurs ont des obligations distinctes. La plateforme, en tant qu'intermédiaire, doit s'assurer que la fonctionnalité existe à l'échelle de l'interface. Chaque vendeur professionnel reste responsable de sa propre conformité pour ses ventes. La directive (UE) 2023/2673 et ses mesures de transposition visent les deux niveaux.
Vendeur établi hors UE qui cible un marché de l'UE
Le règlement Rome I (article 6) étend l'application du droit du pays du consommateur aux contrats conclus avec des consommateurs de l'UE lorsque le vendeur cible activement ce marché : langue du site, lieu de livraison, devise, publicité ciblée Google Ads ou Meta. Dans ce cas, l'obligation du bouton s'applique, indépendamment du lieu d'établissement du vendeur.
Dropshipping
Si vous opérez en dropshipping en vendant à des consommateurs de l'UE, l'obligation s'applique même si la livraison physique est gérée par un tiers à l'étranger. Vous êtes le professionnel cocontractant du consommateur ; l'obligation pèse sur vous, pas sur votre fournisseur. Attention au délai de remboursement de 14 jours : il s'applique à vous, pas au fournisseur.
09 · Mise en œuvre
Comment installer un bouton conforme ?
Deux voies possibles : un développement interne (compter 3 à 5 jours plus la maintenance continue à chaque évolution réglementaire), ou une solution clé en main installable en cinq minutes. Avec BackToMe, sur Shopify, WordPress ou n'importe quelle plateforme, vous ajoutez le bouton avec une ligne de code à coller dans la balise<head>. Le choix dépend surtout de votre capacité à maintenir cette conformité dans le temps.
Voie 1
Développement interne
Coder le bouton, le formulaire, le tableau de bord, les e-mails d'accusé de réception, l'archivage daté et impossible à modifier, et la conformité RGPD du formulaire.
- 3 à 5 jours de développement initial
- Maintenance à chaque évolution réglementaire
- Charge RGPD et archivage à votre main
Voie 2
Solution clé en main
Installer un bouton tiers conforme par défaut : sur Shopify, WordPress ou n'importe quelle plateforme, en collant une ligne de code dans la balise <head>, puis configuration depuis un dashboard.
- Cinq minutes d'installation
- Mises à jour réglementaires automatiques
- Archivage daté qui tient en cas de litige
Pour les guides pas à pas par CMS (Shopify, WooCommerce, PrestaShop, WiziShop, Wix, Webflow, Squarespace, sur mesure), voir la page installation ou directement le guide Shopify.
10 · FAQ
Questions fréquentes
Le bouton de rétractation ne concerne-t-il que les produits financiers ?
Non, c'est une idée reçue. La directive (UE) 2023/2673 concerne les contrats à distance de biens ou de services soumis au droit de rétractation prévu par la directive 2011/83/UE, quel que soit le secteur : mode, cosmétique, high-tech, alimentaire, SaaS, formation, artisanat ou dropshipping. Les services financiers à distance relèvent d'un régime propre. Il faut donc vérifier si les biens ou services vendus ouvrent le droit de rétractation, plutôt que de se fonder sur la seule nature financière ou non de l'activité.
Un lien dans le footer ou dans les CGV suffit-il pour être conforme ?
Non. C'est l'erreur la plus fréquente. La directive (UE) 2023/2673 impose une fonctionnalité de rétractation facile à trouver et accessible en permanence pendant toute la durée du délai, avec un libellé non ambigu (« Renoncer au contrat ici »). Un lien caché en bas de page, noyé dans les conditions générales ou placé derrière un espace client ne remplit pas cette condition, d'autant qu'un acheteur invité, sans compte, doit lui aussi pouvoir l'utiliser. Un bouton visible sur toutes les pages est la solution la plus sûre.
Si certains de mes produits sont exemptés, ai-je quand même besoin du bouton ?
Le plus souvent, oui. Deux raisons. D'abord, les exceptions de l'article 16 de la directive 2011/83/UE sont conditionnelles et s'apprécient produit par produit : un cosmétique n'est exempté qu'une fois son scellé d'hygiène descellé par le client, un contenu numérique qu'avec accord exprès et renonciation au droit, une denrée qu'à la condition d'être réellement périssable. Ensuite, il suffit qu'un seul produit de votre catalogue ouvre le droit de rétractation pour que le bouton devienne obligatoire sur tout le site. Vous devez aussi informer le client de l'inapplicabilité avant l'achat (article 6 de la directive 2011/83/UE). Les boutiques réellement exemptées à 100 % sont rares.
Le bouton de rétractation est-il obligatoire ?
Oui, lorsqu'un contrat à distance est soumis au droit de rétractation. Depuis le 19 juin 2026, le professionnel qui conclut ce contrat avec un consommateur via une interface en ligne doit proposer une fonction de rétractation. L'obligation découle de la directive (UE) 2023/2673 et s'applique dans les 27 États membres, selon leur mise en œuvre nationale. La fonctionnalité doit être visible et facilement accessible pendant tout le délai de rétractation. Son absence expose à des voies de recours et sanctions prévues par le droit applicable.
Depuis quand le bouton de rétractation est-il obligatoire ?
Depuis le 19 juin 2026, dans toute l'Union européenne, pour les contrats à distance soumis au droit de rétractation. L'obligation découle de la directive (UE) 2023/2673 ; les États membres en assurent la mise en œuvre nationale. Les sites qui proposent ces contrats à des consommateurs dans l'UE doivent rendre la fonction disponible dès cette date.
Qu’est-ce que la fonction de rétractation ?
La « fonction de rétractation » est le terme légal du bouton de rétractation : une fonctionnalité en ligne qui permet au consommateur d'exercer son droit de changer d'avis directement depuis le site ou l'application du vendeur, sans avoir à envoyer de courrier. Elle est obligatoire dans l'UE depuis le 19 juin 2026 (directive (UE) 2023/2673, dans les 27 États membres).
Comment se passe une rétractation ?
Le consommateur clique sur le bouton de rétractation, indique la commande concernée et confirme sa demande. Le professionnel lui envoie aussitôt un accusé de réception par e-mail, qu'il conserve, puis le rembourse sous 14 jours, sur le même moyen de paiement. Aucun motif n'a à être fourni et la démarche est entièrement gratuite.
Quel est le délai de rétractation ?
Le délai légal est de 14 jours pour un achat en ligne, à compter de la réception du bien (ou de la conclusion du contrat pour un service). Le consommateur n'a pas à se justifier. Si le vendeur n'a pas mis en place le bouton de rétractation obligatoire, ce délai est automatiquement porté à 12 mois et 14 jours (article 10 de la directive 2011/83/UE).
Faut-il afficher le bouton sur toutes les pages du site ?
La fonction doit rester visible et facilement accessible sur l'interface en ligne pendant tout le délai de rétractation. La limiter au tunnel d'achat ou à un compte client ne répond pas à cette exigence : le consommateur doit pouvoir l'utiliser à tout moment pendant le délai, y compris lorsqu'il a commandé sans compte.
Le bouton suffit-il à être conforme à la loi ?
Non. Le bouton est l'élément le plus visible, mais l'obligation comprend aussi : l'envoi automatique d'un accusé de réception que le client garde par e-mail, le traitement de la demande dans les délais légaux (remboursement sous 14 jours), et la conservation d'une preuve datée de la rétractation, que vous pouvez présenter en cas de litige. Un bouton seul, sans le suivi qui va avec, expose à un constat d'inexécution.
Que faire si un client demande à se rétracter par email plutôt que par le bouton ?
Vous devez accepter sa demande. Le bouton est obligatoire pour le professionnel, mais le consommateur garde le droit de se rétracter par tout moyen dénué d'ambiguïté (article 11 de la directive 2011/83/UE) : email, courrier, formulaire papier. Le bouton n'est pas une voie exclusive, c'est une voie supplémentaire que vous DEVEZ rendre disponible.
Combien de temps doit-on conserver les demandes de rétractation ?
La durée standard est de 5 ans, alignée sur la prescription des actions commerciales (cinq ans dans la plupart des États membres). Cette durée est compatible avec le RGPD à condition d'informer le consommateur dans la politique de confidentialité, et de limiter les données conservées à ce qui est strictement nécessaire (nom, email, référence de commande, date). Une conservation plus longue (10 ans, calquée sur les obligations comptables) doit pouvoir être justifiée par une finalité spécifique distincte au sens du principe de minimisation (RGPD art. 5.1.e). BackToMe applique la durée de 5 ans par défaut.
L’obligation s’applique-t-elle aux ventes B2B ?
Non. Le droit de rétractation est une protection consommateur prévue par la directive 2011/83/UE. Une vente entre deux professionnels n'est pas concernée. Attention cependant : si vous vendez à la fois à des particuliers et à des professionnels (cas mixte), le bouton reste obligatoire pour la part B2C. Une seule vente à un consommateur dans l'UE suffit à déclencher l'obligation.
Que faire si je vends depuis l’étranger à des consommateurs de l’UE ?
Vous êtes très probablement concerné. Le règlement Rome I (article 6) impose d'appliquer le droit du pays de résidence du consommateur dès que vous ciblez activement son marché : langue du site, lieu de livraison, devise, publicité ciblée. Vendre à un client en France relève ainsi du droit français ; à un client en Allemagne, du droit allemand, et de même dans les 27 États membres, indépendamment de votre lieu d'établissement. Le bouton de rétractation est exigé partout dans l'UE.
Faut-il proposer le bouton pour les produits exceptés (sur mesure, denrées périssables) ?
Pas obligatoirement, mais c'est recommandé. Si votre catalogue contient à la fois des produits avec et sans droit de rétractation, le plus simple est d'afficher le bouton partout et de gérer les exceptions au moment du traitement de la demande. Cela évite les erreurs de qualification (« sur mesure » vs « personnalisable » est une frontière fine) et les contentieux clients.
Que se passe-t-il concrètement en cas de contrôle ?
Le contrôle et les sanctions relèvent des mécanismes nationaux applicables au pays du consommateur. Selon l'État membre, une autorité administrative, un juge ou une organisation qualifiée peut intervenir. Pour les infractions transfrontalières de grande ampleur, la directive Omnibus (UE) 2019/2161 prévoit un cadre européen de sanctions. Indépendamment d'une sanction, une information insuffisante sur le droit de rétractation peut prolonger le délai conformément à la directive 2011/83/UE.
Si la commande est déjà expédiée quand le client se rétracte, dois-je rembourser immédiatement ?
Non, pas immédiatement. Le délai de 14 jours court à compter de la réception du bien par le client, pas de la commande : expédier vite n'augmente donc pas votre exposition. À la rétractation, vous remboursez sous 14 jours, mais vous pouvez légalement différer le remboursement jusqu'à récupération du bien ou preuve de son renvoi (article 13 de la directive 2011/83/UE). Les frais de retour peuvent rester à la charge du client si vous l'avez indiqué clairement au préalable (article 14 de la directive 2011/83/UE).
Le bouton doit-il fonctionner même sans compte client (achat en tant qu’invité) ?
Oui. La fonctionnalité doit être accessible sans connexion : un client ayant commandé en tant qu'invité doit pouvoir se rétracter aussi facilement que les autres. En pratique, la demande se rattache à la commande via la référence et l'adresse e-mail utilisées lors de l'achat, sans création de compte. Réserver le bouton à un espace client connecté ne satisfait pas l'exigence d'accès facile et permanent de la directive (UE) 2023/2673.
Quel libellé faut-il donner au bouton de rétractation ?
Le libellé doit renvoyer clairement au droit de rétractation, pas à une annulation ambiguë. Des formulations comme « Me rétracter » ou « Exercer mon droit de rétractation » sont sans équivoque ; un « Annuler » générique, qui se confond avec l'annulation d'une commande avant expédition, est plus risqué. Le texte doit être immédiatement visible et compréhensible, conformément à l'exigence d'une fonctionnalité « facilement accessible ».
Autres questions fréquentes
Aller plus loin sur les cas particuliers
Une vingtaine de pages dédiées aux questions adjacentes, classées par audience. Chacune apporte une réponse courte sourcée sur le droit européen de la consommation, suivie d'exemples pratiques.
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Sources officielles
Toutes les affirmations de cette page sont vérifiables sur les textes publics ci-dessous. Chaque lien renvoie au texte intégral sur EUR-Lex ou les journaux officiels nationaux.
Directive UE
Directive (UE) 2023/2673 du 22 novembre 2023
Crée l'obligation du bouton de rétractation sur les interfaces en ligne, dans les 27 États membres. Applicable depuis le 19 juin 2026.
Directive UE
Directive 2011/83/UE relative aux droits des consommateurs
Harmonise le droit de rétractation dans l'UE : délai de 14 jours (art. 9), information précontractuelle (art. 6), exceptions (art. 16), extension à 12 mois et 14 jours en cas de manquement (art. 10).
Directive UE
Directive (UE) 2019/2161 (Omnibus)
Fixe le cadre des sanctions : pour les infractions transfrontalières de grande ampleur, des amendes jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires annuel, dont chaque État membre fixe le barème.
Règlement UE
Règlement (CE) 593/2008 (Rome I), article 6
Détermine la loi applicable aux contrats consommateurs : la loi du pays du consommateur s'applique, dans les 27 États membres.
Règlement UE
Règlement (UE) 910/2014 (eIDAS)
Fonde la valeur probante des preuves électroniques de rétractation, admissibles dans les 27 États membres.
Pour les définitions courtes des termes employés sur cette page, consultez le glossaire juridique (30 termes-clés sourcés).
Vous hésitez entre plusieurs options ? Le comparatif des solutions de bouton de rétractation met chaque approche (gratuit, développement interne, fonctionnalité native, app dédiée) en face de BackToMe.