Le guide du e-commerçant
Médiateur de la consommation : votre obligation de vendeur
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Vous vendez en ligne à des particuliers ? En cas de litige, vous devez leur proposer un médiateur : un tiers gratuit qui cherche une solution à l'amiable, et afficher ses coordonnées sur votre site. Partout dans l'UE, tout professionnel qui vend à des consommateurs doit leur garantir le recours effectif et gratuit à un dispositif de médiation de la consommation (directive RELC 2013/11/UE relative au règlement extrajudiciaire des litiges de consommation). Concrètement, vous devez adhérer à une entité de médiation et afficher ses coordonnées sur votre site, vos CGV et vos bons de commande. C'est une obligation de fond, qui s'applique à toute boutique en ligne, indépendamment de tout litige.
En quoi consiste l'obligation de médiation
La médiation de la consommation est un mode de résolution amiable des litiges. Instaurée par la directive RELC 2013/11/UE (relative au règlement extrajudiciaire des litiges de consommation) et transposée dans chaque État membre, elle impose au vendeur deux obligations cumulatives.
- •Garantir un recours effectif et gratuit. Vous devez permettre à vos clients consommateurs de recourir, sans frais, à un dispositif de médiation en vue de la résolution amiable d'un litige (directive RELC 2013/11/UE, art. 5 et 8).
- •Adhérer à un dispositif de médiation. Vous devez relever d'une entité de médiation de la consommation compétente dans votre pays : un médiateur sectoriel (propre à votre branche d'activité), un médiateur d'entreprise référencé, ou tout autre dispositif de médiation agréé. C'est le professionnel qui finance le dispositif.
Ce que vous devez afficher
C'est le point conformité le plus concret pour un e-commerçant. Vous devez communiquer au consommateur les coordonnées de la ou des entités de médiation compétentes dont vous relevez : leur nom et l'adresse de leur site internet (art. 13 de la directive RELC 2013/11/UE, transposé dans chaque État membre).
Ces coordonnées doivent figurer :
- →sur votre site web, de manière visible et lisible (en pratique dans vos mentions légales ou vos CGV) ;
- →dans vos conditions générales de vente ;
- →sur vos bons de commande et autres supports contractuels.
Cette obligation est autonome : même un vendeur qui n'a jamais eu un seul litige est en infraction s'il n'a pas adhéré à un dispositif de médiation ou s'il n'affiche pas les coordonnées de l'entité de médiation compétente.
L'entité compétente varie selon le pays du consommateur : chaque État membre tient sa propre liste d'organismes de médiation agréés, dans le cadre commun de la plateforme RLL de l'UE (règlement en ligne des litiges). Pour un marchand qui vend dans plusieurs pays, l'information doit renvoyer, pour chaque client, vers le dispositif national dont il relève.
Comment se déroule une médiation
La médiation n'est pas un guichet ouvert en permanence : elle suppose qu'un dialogue préalable ait échoué. Plusieurs règles encadrent sa mise en œuvre.
- •Une réclamation écrite préalable. La médiation n'intervient qu'après une réclamation écrite du consommateur auprès de vous, restée infructueuse ou sans réponse.
- •Un délai pour saisir le médiateur. Le consommateur doit saisir l'entité de médiation dans le délai fixé par le dispositif national compétent (souvent un an à compter de sa réclamation écrite).
- •Gratuite et facultative pour le consommateur. La médiation est gratuite pour le consommateur (vous financez le dispositif). Le recours à la médiation reste facultatif : le consommateur conserve le droit d'agir en justice.
- •Des exclusions. Sont notamment exclus les litiges entre professionnels (B2B), les réclamations introduites par le professionnel contre le consommateur, et la négociation directe entre les parties.
Le risque en cas de manquement
Le défaut d'adhésion à un dispositif de médiation ou le défaut de communication des coordonnées de l'entité de médiation est susceptible d'une amende administrative prononcée par l'autorité nationale compétente de chaque pays. Au-delà de l'amende, ne pas offrir de voie de médiation prive vos clients d'un recours amiable et vous expose à des litiges qui auraient pu se régler à moindre coût. La mise en conformité est donc avant tout une mesure préventive.
Une obligation peut en cacher une autre
Une rétractation mal gérée finit souvent chez votre médiateur
Le motif de litige qui remonte le plus vers un médiateur, c'est un remboursement contesté : le client dit s'être rétracté, le marchand n'a pas de trace. Bien gérer la rétractation en amont, c'est donc tarir une bonne part des dossiers de médiation. Depuis le 19 juin 2026, elle passe par un bouton dédié : une obligation européenne (directive (UE) 2023/2673), applicable dans les 27 États membres. BackToMe couvre les 27 pays de l'UE, dans les 24 langues officielles, et applique automatiquement la loi du pays de chaque client. Il pose ce bouton et conserve, pour chaque demande, un accusé de réception sur support durable et un archivage à valeur probante : de quoi trancher un désaccord avant qu'il ne devienne un dossier.
Lire le guide complet du bouton de rétractationPour aller plus loin
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Cette page fournit une information générale et ne se substitue pas à un conseil juridique personnalisé. Pour le texte exact et à jour des dispositions citées (directive RELC 2013/11/UE relative au règlement extrajudiciaire des litiges de consommation) et leur transposition dans chaque État membre, reportez-vous à EUR-Lex.